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ACTUALITÉ Publié 14 Sep 2026 34 vues

Tensions à Bétou : Une bâtisse réduite en cendres après des incursions transfrontalières et des tensions communautaires

La colère des habitants s’enflamme face aux menaces et aux enlèvements attribués à des forces venues de l’autre rive du fleuve

Tensions à Bétou : Une bâtisse réduite en cendres après des incursions transfrontalières et des tensions communautaires
Dans un paysage désolé, où les débris d’une maison calcinée jonchent encore le sol, la localité de Bétou, située à la frontière fluviale avec la République démocratique du Congo (RDC), est sous le choc. Les autorités locales ont constaté les conséquences d’un trouble grave à l’ordre public, déclenché par une série d’incidents qui ont enflammé les tensions entre les communautés.

Selon les premiers témoignages recueillis sur place, la colère des habitants trouve son origine dans des menaces répétées et des incursions attribuées à des hommes en uniforme en provenance de l’autre rive. Un incident récent a particulièrement attisé la fureur : des marins des Forces armées de la RDC (FARDC) auraient pris en otage des Congolais sur l’îlot de Wakenzé, territoire congolais, avant de les emmener vers le village de Wambo. Les habitants de Bétou dénoncent une pratique d’enlèvements contre rançon, où les victimes doivent être rachetées pour retrouver leur liberté.

Des collaborateurs locaux accusés d’alimenter les tensions

La situation s’est encore aggravée avec la présence de ressortissants de la RDC résidant à Bétou, qui, selon les habitants, agiraient comme des informateurs pour les forces armées de Kinshasa. « Ils connaissaient tous les NVA [ndlr : les habitants] de Bétou. Jour après jour, ils transmettaient des informations à la RDC, ce qui a permis aux militaires de venir arrêter des Congolais et de les emmener de l’autre côté », explique un habitant sous le couvert de l’anonymat. Ces individus, dotés d’équipements de communication comme des talkies-walkies (Motorola), seraient ainsi impliqués dans un système organisé de traque et de capture des locaux.

Les autorités appellent au calme et au respect des institutions

Face à cette crise, Jean-Pascal Koumba, accompagné du maire et du sous-préfet de Bétou, a entamé une tournée pour écouter les doléances des populations et tenter d’apaiser les esprits. Le sous-préfet a rappelé que l’État de droit doit prévaloir : « Quand il y a un problème, il faut s’adresser aux institutions. Il y a un gouvernement, un ministre de l’Intérieur, des préfets, des sous-préfets, des maires, la force publique et la justice. Se faire justice soi-même n’est pas une solution. »

De son côté, le représentant de la jeunesse de Bétou a exigé un renforcement du dispositif sécuritaire : « Nous demandons à l’État congolais de prendre les choses en main et de renforcer la présence militaire et navale pour sécuriser Bétou et protéger la population. »

Dialogue et vigilance pour éviter une escalade

Alors que les dégâts matériels (comme la maison incendiée) témoignent de l’ampleur des violences, les autorités locales misent désormais sur le dialogue, la vigilance et la cohésion sociale pour éviter une nouvelle flambée de violence. Dans une région où les questions de sécurité transfrontalière restent une préoccupation majeure, la population de Bétou espère un retour rapide à la stabilité. (DRTV)
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