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Publié
31 Oct 2026
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Mvet : après l'inscription à l'UNESCO, le Congo attend encore son certificat pendant que le Gabon avance
Inscrit en novembre 2025 au patrimoine culturel immatériel de l'humanité grâce à un dossier commun Gabon-Cameroun-Congo, l'art musical des communautés Ekang peine à décoller côté congolais, où aucune remise officielle du certificat n'a encore été annoncée — ravivant le souvenir de la rumba congolaise, reconnue mais peu valorisée.
« Le Gabon, le Cameroun et le Congo ont proposé la candidature du Mvet Ouyang, art musical, pratique et savoir-faire associé à la communauté Ekang. Je propose donc aux communautés d'adopter ce projet de décision dans son ensemble. » Par ces mots prononcés en novembre 2025, la République du Congo remportait, aux côtés du Gabon et du Cameroun, une victoire symbolique : la reconnaissance du Mvet, un art ancestral pratiqué par les peuples Ekang — notamment les Fangs, les Mbetis et les Boulous — en Afrique centrale. Au Congo, cette tradition est notamment présente dans le département de la Songa.
Le Gabon prend les devants
Depuis cette inscription, le Gabon est passé à une étape supérieure, avec la remise officielle du certificat à son chef de l'État, Brice Clotaire Oligi Ngema. Libreville réfléchit déjà aux mesures de sauvegarde, comme l'explique Thierry Nzamba Nzamba, administrateur des programmes de l'UNESCO à Libreville :
« Si on arrive à une inscription internationale, il faut maintenant regarder quelles sont les mesures de sauvegarde que nous mettons en place au niveau de tous ces États qui participent au dossier. Pour célébrer le Mvet, le Gabon, qui était le leader, pourrait par exemple accueillir un festival international du Mvet. On pourrait organiser des colloques internationaux pour faire connaître encore un peu plus le Mvet. On a aussi essayé de faire un lien avec la zone des trois frontières, au nord, entre le Cameroun, le Gabon et la Guinée équatoriale, pour créer dans cette zone des infrastructures culturelles, donc un musée qui ferait par exemple une part belle au Mvet. »
Côté congolais, le silence des tiroirs
En République du Congo, en revanche, aucune avancée concrète de même nature n'a encore été officiellement annoncée. Le certificat d'inscription attendrait-il encore dans les tiroirs du ministère en charge de la Culture ? Une interrogation qui en soulève une autre : le Mvet connaîtra-t-il le même déficit de visibilité que la rumba congolaise, pourtant inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO, mais dont la valorisation demeure un défi ? Les récents changements intervenus au sein du ministère de la Culture pourraient-ils expliquer cette lenteur ? Difficile de l'affirmer, en l'absence de communication officielle.
Les autorités compétentes ne se sont d'ailleurs pas encore prononcées publiquement sur l'état d'avancement du processus. Quelques indiscrétions évoquent une éventuelle remise du certificat au chef de l'État — une information qui reste toutefois à confirmer.
Bien plus qu'un divertissement musical
En attendant, le Mvet demeure l'un de ces patrimoines ancestraux dont la préservation est essentielle à la transmission de l'identité culturelle africaine. Car le Mvet ne se résume pas à un simple divertissement musical : il constitue une mémoire vivante de la société, un vecteur d'éducation, de cohésion communautaire et de réflexion spirituelle.
À travers cet art, les diseurs de Mvet, également appelés maîtres-conteurs, déploient une rhétorique déclamatoire pour transmettre aux jeunes générations les valeurs morales, les règles de la vie communautaire, la sagesse et le civisme. Le Mvet accompagne également de grands rituels, au cours desquels la parole, la musique et le récit prennent une dimension particulière.
Au-delà de sa reconnaissance internationale, le véritable enjeu est désormais de faire vivre ce patrimoine, de le transmettre et de lui donner la visibilité qu'il mérite. (DRTV/Charvine Mabiala)
« Le Gabon, le Cameroun et le Congo ont proposé la candidature du Mvet Ouyang, art musical, pratique et savoir-faire associé à la communauté Ekang. Je propose donc aux communautés d'adopter ce projet de décision dans son ensemble. » Par ces mots prononcés en novembre 2025, la République du Congo remportait, aux côtés du Gabon et du Cameroun, une victoire symbolique : la reconnaissance du Mvet, un art ancestral pratiqué par les peuples Ekang — notamment les Fangs, les Mbetis et les Boulous — en Afrique centrale. Au Congo, cette tradition est notamment présente dans le département de la Songa.
Le Gabon prend les devants
Depuis cette inscription, le Gabon est passé à une étape supérieure, avec la remise officielle du certificat à son chef de l'État, Brice Clotaire Oligi Ngema. Libreville réfléchit déjà aux mesures de sauvegarde, comme l'explique Thierry Nzamba Nzamba, administrateur des programmes de l'UNESCO à Libreville :
« Si on arrive à une inscription internationale, il faut maintenant regarder quelles sont les mesures de sauvegarde que nous mettons en place au niveau de tous ces États qui participent au dossier. Pour célébrer le Mvet, le Gabon, qui était le leader, pourrait par exemple accueillir un festival international du Mvet. On pourrait organiser des colloques internationaux pour faire connaître encore un peu plus le Mvet. On a aussi essayé de faire un lien avec la zone des trois frontières, au nord, entre le Cameroun, le Gabon et la Guinée équatoriale, pour créer dans cette zone des infrastructures culturelles, donc un musée qui ferait par exemple une part belle au Mvet. »
Côté congolais, le silence des tiroirs
En République du Congo, en revanche, aucune avancée concrète de même nature n'a encore été officiellement annoncée. Le certificat d'inscription attendrait-il encore dans les tiroirs du ministère en charge de la Culture ? Une interrogation qui en soulève une autre : le Mvet connaîtra-t-il le même déficit de visibilité que la rumba congolaise, pourtant inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO, mais dont la valorisation demeure un défi ? Les récents changements intervenus au sein du ministère de la Culture pourraient-ils expliquer cette lenteur ? Difficile de l'affirmer, en l'absence de communication officielle.
Les autorités compétentes ne se sont d'ailleurs pas encore prononcées publiquement sur l'état d'avancement du processus. Quelques indiscrétions évoquent une éventuelle remise du certificat au chef de l'État — une information qui reste toutefois à confirmer.
Bien plus qu'un divertissement musical
En attendant, le Mvet demeure l'un de ces patrimoines ancestraux dont la préservation est essentielle à la transmission de l'identité culturelle africaine. Car le Mvet ne se résume pas à un simple divertissement musical : il constitue une mémoire vivante de la société, un vecteur d'éducation, de cohésion communautaire et de réflexion spirituelle.
À travers cet art, les diseurs de Mvet, également appelés maîtres-conteurs, déploient une rhétorique déclamatoire pour transmettre aux jeunes générations les valeurs morales, les règles de la vie communautaire, la sagesse et le civisme. Le Mvet accompagne également de grands rituels, au cours desquels la parole, la musique et le récit prennent une dimension particulière.
Au-delà de sa reconnaissance internationale, le véritable enjeu est désormais de faire vivre ce patrimoine, de le transmettre et de lui donner la visibilité qu'il mérite. (DRTV/Charvine Mabiala)