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ACTUALITÉ Publié 16 Sep 2026 26 vues

Makabandilou : l'enclavement au quotidien entre pont précaire et manque de services publics

Dans le 9ème arrondissement Djiri, les habitants financent eux-mêmes la réparation d'un pont en planches, seul passage vers la route goudronnée

Makabandilou : l'enclavement au quotidien entre pont précaire et manque de services publics
À Makabandilou, dans les hauteurs du 9ème arrondissement Djiri, à Brazzaville, traverser un pont en planches est devenu une épreuve quotidienne pour les riverains. Faute d'un ouvrage durable, les habitants financent eux-mêmes des réparations de fortune, tandis que malades et écoliers affrontent chaque jour les dangers de cette passerelle précaire.

Un pont de fortune financé par les riverains

À première vue, le pont de Makabandilou ressemble davantage à une passerelle de fortune qu'à une véritable infrastructure. Construit en planches et régulièrement envahi par le sable, il constitue pourtant le seul passage emprunté quotidiennement par les riverains pour rejoindre la route goudronnée.

Lorsque l'ouvrage se dégrade, les habitants n'attendent pas une intervention extérieure : ils mettent la main à la poche. Chaque parcelle contribue à hauteur d'au moins 5 000 francs CFA pour financer les travaux de réhabilitation, une solution provisoire qui ne met pas fin aux difficultés.

« Nous cotisons nous-mêmes pour réparer le pont, il faut marcher au moins pendant une heure de temps pour arriver jusqu'au goudron étant donné que je vis loin du pont, cette réalité ne nous arrange pas », témoigne un habitant.

Des commerçants pénalisés dans leur activité

Les difficultés touchent également les petits commerçants de la zone. Une vendeuse de produits du marché est contrainte de porter ses marchandises sur le dos pour franchir la passerelle en planches, une situation qui complique davantage son activité alors que ses revenus restent faibles.

« Je suis obligée de porter mes marchandises sur le dos pour traverser le pont. Ce n'est pas facile et je ne gagne pas suffisamment », témoigne-t-elle.

Des malades transportés à dos d'homme

Selon les riverains, en cas d'urgence médicale, les malades sont souvent transportés sur le dos jusqu'au goudron, certains n'arrivant même pas au bout du trajet.

« Quand quelqu'un tombe gravement malade, on le porte sur le dos. Parfois, il meurt avant d'atteindre la route », affirme un habitant.

Le quotidien difficile des élèves

L'enclavement pèse également sur les élèves. Chaque jour, une écolière, étudiante à l'École nationale d'administration et de magistrature (ENAM), emprunte cette longue passerelle pour rejoindre son établissement.

« Nous parcourons cette longue distance tous les jours. Ce n'est pas facile, surtout quand il pleut ou que le pont est en mauvais état », explique-t-elle.

Un quartier dépourvu de services essentiels

Au-delà du pont, les habitants dénoncent un quartier dépourvu de services essentiels. Makabandilou ne dispose ni d'un marché public ni d'infrastructures hospitalières, obligeant les riverains à parcourir de longues distances pour s'approvisionner en produits de première nécessité. Les seules structures de santé présentes sont, selon eux, de petites cliniques aux moyens limités, incapables de prendre en charge certaines urgences.

Un appel pressant aux autorités

Face à cette accumulation de difficultés, les riverains lancent un appel aux personnes habilitées à intervenir. Pour eux, la construction d'un pont durable n'est qu'une partie de la réponse : le quartier a besoin d'un ensemble de solutions pour rompre avec l'isolement qui marque son quotidien.(DRTV/Rodbrina Badila)
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