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Publié
19 Sep 2026
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Le Congo mise sur quatre filières pour créer 22 200 emplois et attirer 1,4 milliard de dollars d’investissements d’ici 2030
Un diagnostic de la Société financière internationale (IFC) révèle le potentiel du bois transformé, de la logistique portuaire, de la mouture du maïs et de l’aquaculture, sous réserve de résoudre la crise énergétique.
Un potentiel économique majeur, mais conditionné par l’énergie
Le Diagnostic-pays du secteur privé (CPSD), présenté hier par la Société financière internationale (IFC), filiale du Groupe de la Banque mondiale, met en lumière quatre filières capables de transformer l’économie congolaise d’ici 2030. Selon cette étude, le bois transformé, la logistique portuaire, la mouture du maïs et l’aquaculture pourraient générer jusqu’à 22 200 emplois et attirer 1,4 milliard de dollars d’investissements privés. Une opportunité historique, à condition de surmonter un obstacle de taille : l’accès à une énergie abondante et compétitive.
L’étude, fruit de plusieurs mois de travail, a été dévoilée en présence de plusieurs membres du gouvernement congolais, dont Ludovic Ngatsé (ministre de l’Économie, du Plan et de l’Intégration régionale), Michel Djombo (ministre du Développement industriel), Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas (ministre de la Sécurité sociale), ainsi que Prince Bertrand Bahamboula (ministre délégué à la Culture). Des parlementaires, des représentants du patronat et des bailleurs de fonds étaient également présents.
Quatre filières porteuses d’espoir
1. Le bois transformé : un levier pour l’emploi et les investissements
Avec un potentiel de 5 300 à 11 500 emplois et des investissements estimés entre 560 millions et 1,1 milliard de dollars, le secteur du bois transformé arrive en tête des priorités. Maty Konté, économiste senior à la Banque mondiale, souligne que ce secteur pourrait prospérer grâce à un meilleur accès à la matière première, des règles plus claires et une transformation locale accrue.
2. La logistique portuaire : renforcer le rôle régional du Congo
Le port de Pointe-Noire et le corridor Pointe-Noire–Brazzaville représentent un autre axe stratégique. Olivier Buyoya, directeur de division pour l’Afrique centrale et le Nigeria à l’IFC, estime qu’une modernisation des procédures douanières et une efficacité accrue pourraient créer 2 000 à 6 000 emplois et attirer 70 à 200 millions de dollars d’investissements. Une telle amélioration positionnerait le Congo comme une porte d’entrée régionale majeure.
3. La mouture du maïs : un secteur agro-industriel prometteur
Dans l’agro-industrie, la mouture du maïs pourrait générer 400 à 1 100 emplois directs et mobiliser 24 à 72 millions de dollars. Cependant, ce potentiel dépendra d’une gouvernance plus transparente, d’un meilleur accès aux intrants et du renforcement de la chaîne du froid.
4. L’aquaculture : compléter le quatuor gagnant
Enfin, l’aquaculture, bien que moins détaillée dans le rapport, vient compléter ce quatuor de filières à fort potentiel.
Les défis : énergie et financement des PME
Malgré ces perspectives encourageantes, deux obstacles majeurs ont été soulignés par les participants :
-L’accès à une énergie abondante et compétitive : Nancy Chenard, secrétaire générale permanente de l’UNI Congo, a insisté sur l’urgence de résoudre cette crise. « Quand on voit les files d’attente dans les stations-service, quand on voit des entreprises arrêter leurs lignes de production par manque d’énergie, c’est bien l’accès à l’énergie le problème », a-t-elle déclaré. Certaines entreprises, faute de réseau fiable, dépendent de groupes électrogènes, ce qui alourdit leurs coûts de production et réduit leur compétitivité.
Le financement des PME et PMI : Olivier Buyoya a évoqué la mise en place de lignes de financement et de garantie auprès des banques commerciales pour soutenir ces entreprises.
Des discussions sont en cours pour réformer la société nationale d’électricité, investir dans le transport régional et développer des projets de production d’électricité. Une rencontre a d’ailleurs eu lieu la veille avec Bruno Jean Richard Itoua, ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique.
Un changement de modèle économique en marche
Pour Ludovic Ngatsé, ministre de l’Économie, ce rapport arrive à point nommé. Après une décennie marquée par des chocs internes et externes, les marges budgétaires de l’État se sont réduites, contraignant le gouvernement à utiliser le budget d’investissement comme variable d’ajustement pour préserver les équilibres macroéconomiques.
Le Congo s’engage désormais dans une révision de son modèle de développement, inscrite dans la vision Congo 2063 et le Plan national de développement 2027-2031 en préparation. « Cette orientation n’est pas une posture politique », a tenu à préciser le ministre, avant d’esquisser un nouveau partage des rôles : un État recentré sur ses fonctions régaliennes, les infrastructures de base et la régulation, tandis que le secteur privé prendrait une place plus active dans la création de richesse.
Les recommandations du CPSD seront examinées dans le cadre d’un dialogue avec le secteur privé, qui s’ouvrira dans les prochaines semaines. Michel Djombo, ministre du Développement industriel, y voit un « point de vue additionnel » utile pour valoriser les investissements publics et attirer davantage de partenaires privés.
Le climat des affaires, un enjeu capital
Outre l’énergie, Nancy Chenard a également pointé du doigt l’instabilité du cadre juridique. Elle a cité des textes de hiérarchie inférieure contredisant des textes supérieurs, ainsi qu’un nouveau code minier qui, selon elle, remet en cause des contrats de partage de production déjà signés, poussant certaines sociétés à suspendre leurs projets. « Le climat des affaires dans son ensemble est un problème capital, car il nous empêche de faire venir les investisseurs », a-t-elle conclu.
Conclusion : une volonté de progresser
Malgré les défis, Olivier Buyoya reste optimiste : « Les défis sont là, mais le plus important, c’est la volonté de pouvoir progresser ». Le Congo semble déterminé à saisir cette opportunité pour relancer son économie, créer des emplois et attirer des investissements, à condition de résoudre les problèmes structurels qui freinent encore son développement. (DRTV)
Le Diagnostic-pays du secteur privé (CPSD), présenté hier par la Société financière internationale (IFC), filiale du Groupe de la Banque mondiale, met en lumière quatre filières capables de transformer l’économie congolaise d’ici 2030. Selon cette étude, le bois transformé, la logistique portuaire, la mouture du maïs et l’aquaculture pourraient générer jusqu’à 22 200 emplois et attirer 1,4 milliard de dollars d’investissements privés. Une opportunité historique, à condition de surmonter un obstacle de taille : l’accès à une énergie abondante et compétitive.
L’étude, fruit de plusieurs mois de travail, a été dévoilée en présence de plusieurs membres du gouvernement congolais, dont Ludovic Ngatsé (ministre de l’Économie, du Plan et de l’Intégration régionale), Michel Djombo (ministre du Développement industriel), Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas (ministre de la Sécurité sociale), ainsi que Prince Bertrand Bahamboula (ministre délégué à la Culture). Des parlementaires, des représentants du patronat et des bailleurs de fonds étaient également présents.
Quatre filières porteuses d’espoir
1. Le bois transformé : un levier pour l’emploi et les investissements
Avec un potentiel de 5 300 à 11 500 emplois et des investissements estimés entre 560 millions et 1,1 milliard de dollars, le secteur du bois transformé arrive en tête des priorités. Maty Konté, économiste senior à la Banque mondiale, souligne que ce secteur pourrait prospérer grâce à un meilleur accès à la matière première, des règles plus claires et une transformation locale accrue.
2. La logistique portuaire : renforcer le rôle régional du Congo
Le port de Pointe-Noire et le corridor Pointe-Noire–Brazzaville représentent un autre axe stratégique. Olivier Buyoya, directeur de division pour l’Afrique centrale et le Nigeria à l’IFC, estime qu’une modernisation des procédures douanières et une efficacité accrue pourraient créer 2 000 à 6 000 emplois et attirer 70 à 200 millions de dollars d’investissements. Une telle amélioration positionnerait le Congo comme une porte d’entrée régionale majeure.
3. La mouture du maïs : un secteur agro-industriel prometteur
Dans l’agro-industrie, la mouture du maïs pourrait générer 400 à 1 100 emplois directs et mobiliser 24 à 72 millions de dollars. Cependant, ce potentiel dépendra d’une gouvernance plus transparente, d’un meilleur accès aux intrants et du renforcement de la chaîne du froid.
4. L’aquaculture : compléter le quatuor gagnant
Enfin, l’aquaculture, bien que moins détaillée dans le rapport, vient compléter ce quatuor de filières à fort potentiel.
Les défis : énergie et financement des PME
Malgré ces perspectives encourageantes, deux obstacles majeurs ont été soulignés par les participants :
-L’accès à une énergie abondante et compétitive : Nancy Chenard, secrétaire générale permanente de l’UNI Congo, a insisté sur l’urgence de résoudre cette crise. « Quand on voit les files d’attente dans les stations-service, quand on voit des entreprises arrêter leurs lignes de production par manque d’énergie, c’est bien l’accès à l’énergie le problème », a-t-elle déclaré. Certaines entreprises, faute de réseau fiable, dépendent de groupes électrogènes, ce qui alourdit leurs coûts de production et réduit leur compétitivité.
Le financement des PME et PMI : Olivier Buyoya a évoqué la mise en place de lignes de financement et de garantie auprès des banques commerciales pour soutenir ces entreprises.
Des discussions sont en cours pour réformer la société nationale d’électricité, investir dans le transport régional et développer des projets de production d’électricité. Une rencontre a d’ailleurs eu lieu la veille avec Bruno Jean Richard Itoua, ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique.
Un changement de modèle économique en marche
Pour Ludovic Ngatsé, ministre de l’Économie, ce rapport arrive à point nommé. Après une décennie marquée par des chocs internes et externes, les marges budgétaires de l’État se sont réduites, contraignant le gouvernement à utiliser le budget d’investissement comme variable d’ajustement pour préserver les équilibres macroéconomiques.
Le Congo s’engage désormais dans une révision de son modèle de développement, inscrite dans la vision Congo 2063 et le Plan national de développement 2027-2031 en préparation. « Cette orientation n’est pas une posture politique », a tenu à préciser le ministre, avant d’esquisser un nouveau partage des rôles : un État recentré sur ses fonctions régaliennes, les infrastructures de base et la régulation, tandis que le secteur privé prendrait une place plus active dans la création de richesse.
Les recommandations du CPSD seront examinées dans le cadre d’un dialogue avec le secteur privé, qui s’ouvrira dans les prochaines semaines. Michel Djombo, ministre du Développement industriel, y voit un « point de vue additionnel » utile pour valoriser les investissements publics et attirer davantage de partenaires privés.
Le climat des affaires, un enjeu capital
Outre l’énergie, Nancy Chenard a également pointé du doigt l’instabilité du cadre juridique. Elle a cité des textes de hiérarchie inférieure contredisant des textes supérieurs, ainsi qu’un nouveau code minier qui, selon elle, remet en cause des contrats de partage de production déjà signés, poussant certaines sociétés à suspendre leurs projets. « Le climat des affaires dans son ensemble est un problème capital, car il nous empêche de faire venir les investisseurs », a-t-elle conclu.
Conclusion : une volonté de progresser
Malgré les défis, Olivier Buyoya reste optimiste : « Les défis sont là, mais le plus important, c’est la volonté de pouvoir progresser ». Le Congo semble déterminé à saisir cette opportunité pour relancer son économie, créer des emplois et attirer des investissements, à condition de résoudre les problèmes structurels qui freinent encore son développement. (DRTV)