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ACTUALITÉ Publié 27 Oct 2026 239 vues

La « Déclaration de Brazzaville » place les femmes et les jeunes au cœur du commerce intra-africain

Adoptée à l'issue de trois jours de travaux, la feuille de route issue de la conférence régionale « Sa Zlécaf » engage les pays d'Afrique centrale à transformer le marché continental en opportunités concrètes pour les acteurs économiques les plus vulnérables.


La capitale congolaise a abrité, du 21 au 23 octobre, la conférence régionale « Sa Zlécaf » dédiée à l'Afrique centrale. À l'issue de trois journées d'échanges, les participants ont adopté la « Déclaration de Brazzaville », un document présenté comme le point de départ d'une dynamique sous-régionale renforcée, fondée sur une feuille de route opérationnelle, des responsabilités clairement définies et un mécanisme de suivi des engagements.
C'est la ministre congolaise du Commerce, des Approvisionnements et de la Consommation, chargée de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlécaf), Jacqueline Lydia Mikolo, également deuxième vice-présidente du bureau du Conseil des ministres de la Zlécaf, qui a clôturé les travaux en exprimant l'exigence du passage à l'action : « Ces orientations doivent désormais se traduire en actions concrètes, conformément aux engagements pris dans le cadre du protocole sur les femmes et les jeunes dans le commerce. »

Une feuille de route à plusieurs fronts

La feuille de route adoptée prévoit la mise en œuvre d'un régime commercial simplifié aux frontières des pays de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (Ceeac), au bénéfice des femmes et des jeunes. Objectif : faciliter le commerce transfrontalier et favoriser leur intégration progressive dans le commerce formel.
Le document engage également les États sur le terrain économique, avec le développement de la production et de la transformation locale, ainsi que le renforcement des infrastructures de qualité — normalisation, certification, protection des marques — pour améliorer la compétitivité des produits et faciliter leur accès aux marchés régionaux et continentaux.
Sur le plan des infrastructures, la feuille de route mise sur le développement de corridors socio-économiques intégrés et inclusifs, destinés à relier les zones de production aux marchés frontaliers et aux plateformes logistiques. Le numérique y figure aussi, avec un accompagnement prévu pour le développement des compétences des femmes et des jeunes en matière de commerce numérique.
Autre engagement fort : le lancement et la structuration rapide du réseau « Sa Zlécaf » Afrique centrale, conçu comme un cadre de mise en relation, de mentorat, de partage d'expériences et de dialogue public-privé, avec une représentation effective des femmes et des jeunes dans sa gouvernance.

La Zlécaf, « une nécessité, pas un luxe »

Le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), partenaire de la dynamique, a fait entendre sa voix à travers sa représentante au Congo, Adama-Dian Barry. Pour la diplomate onusienne, l'enjeu dépasse largement le cadre commercial : « La Zlécaf n'est pas un luxe mais une nécessité. Si nous ne le faisons pas, nous allons continuer à dépendre d'autres marchés qui sont déjà construits. Chaque retard dans la mise en œuvre de ce marché représente les opportunités commerciales qui seront perdues. »
Plaidant pour une opérationnalisation réussie du marché continental, elle a appelé à faire de la Zlécaf une réalité pour les entreprises, en favorisant leur compétitivité, la création de nouvelles entreprises et de la valeur ajoutée. Avant de lancer un appel solennel aux femmes entrepreneures : « Ne soyez pas des spectatrices de cette intégration africaine. Le marché africain vous appartient. »

Le défi de la mise en œuvre

Les échanges des trois jours ont mis en évidence les opportunités considérables qu'offre la Zlécaf, tout en soulignant les conditions du succès : dématérialisation des procédures douanières, fluidité des corridors commerciaux et renforcement de l'accès aux financements.
Désormais, l'attention se tourne vers l'après-Brazzaville. La « Déclaration de Brazzaville » a posé le cadre ; il appartient désormais aux États d'Afrique centrale, aux organisations régionales et aux partenaires techniques et financiers de transformer ces engagements en actes concrets pour une mise en œuvre réussie de la Zone de libre-échange continentale africaine.(DRTV)
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