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ACTUALITÉ Publié 23 Sep 2026 15 vues

Grossesses précoces au Congo : un phénomène alarmant aux conséquences dramatiques

Sage-femme et chef du CSI Jean Taty alertent sur les risques et les causes de la maternité précoce

Grossesses précoces au Congo : un phénomène alarmant aux conséquences dramatiques
Au Centre de santé intégré (CSI) Jean Taty, situé dans l’enceinte de l’hôpital de référence de Makélékélé, Pulchérie Bonazébi, sage-femme et chef des soins prénatals et de la planification familiale, est confrontée quotidiennement à une réalité déchirante : les grossesses précoces chez les jeunes filles. « Il y a des femmes qui tombent enceintes à 13 ans. Là où je suis passée, j’ai vu des filles de 12 ans, 13 ans, enceintes. Et à cet âge-là, ce sont des grossesses à risque », témoigne-t-elle.



Un phénomène en hausse : la précocité de la vie sexuelle

Les grossesses précoces révèlent une autre réalité, tout aussi préoccupante : la précocité de la vie sexuelle chez les jeunes filles, devenue un phénomène alarmant au Congo. « Dans notre pays, c’est courant. Les jeunes filles se livrent à la sexualité, au vagabondage sexuel, à bas âge. Voir une fillette de 12 ou 13 ans, bien éduquée, se promener dans la rue, il faut se poser des questions », souligne Pulchérie Bonazébi.



Les causes profondes : manque d’éducation, pauvreté et violences

Maxime Ludovic Inkali, chef du CSI Jean Taty, identifie plusieurs facteurs à l’origine de cette situation :

-Le manque d’éducation sexuelle,

-Les barrières à l’accès à la contraception,

-Les facteurs socio-économiques (pauvreté, orphelinage),

-Les viols et mariages forcés, parfois imposés par des institutions religieuses ou des traditions.

« La fille peut être violée et se retrouver enceinte sans l’avoir choisi. Il y a aussi des mariages forcés par les églises. Enfin, il y a un problème de pouvoir traditionnel. »


Des risques majeurs pour les jeunes mères et leurs enfants

Les grossesses précoces exposent les jeunes filles à des dangers graves :

-Rupture utérine (l’utérus n’étant pas encore mature),

-Hémorragies,

-Accouchements par césarienne,

-Mortalité maternelle ou néonatale.

Pulchérie Bonazébi explique : « Un fœtus qui grandit dans un utérus mineur peut entraîner des complications. Si l’enfant naît en état de mort apparente et que la réanimation dépasse 25 ou 30 minutes, il risque de devenir handicapé, inapte à contribuer à la société. »

Le décrochage scolaire, une conséquence inévitable

Outre les risques médicaux, les grossesses précoces ont un impact dévastateur sur l’éducation : « Quand une jeune fille tombe enceinte, les effets de la grossesse l’empêchent souvent de retourner à l’école », précise Maxime Ludovic Inkali. « Dans le milieu scolaire, beaucoup de jeunes filles tombent enceintes précocement parce qu’elles n’ont pas bénéficié d’éducation sexuelle. »

Sensibilisation et prévention : un combat collectif

Face à cette situation, le CSI Jean Taty mène régulièrement des campagnes de sensibilisation auprès des jeunes filles pour inverser la tendance. « Nous organisons des séances dans les communautés pour insister sur l’importance de la planification familiale, l’espacement des grossesses et les dangers de la précocité », explique M. Inkali.

Un combat qui nécessite une mobilisation générale : familles, écoles et pouvoirs publics doivent unir leurs efforts pour protéger les jeunes filles et leur offrir un avenir meilleur.

Un appel urgent à l’action pour briser le cycle des grossesses précoces et sauver des vies.
(DRTV)
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