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ACTUALITÉ Publié 07 Oct 2026 13 vues

Créances douteuses : la COBAC durcit le ton face aux banques de la CEMAC

Créances douteuses : la COBAC durcit le ton face aux banques de la CEMAC
La Commission bancaire de l'Afrique centrale a réuni pour la première fois les responsables des finances, de la comptabilité et des engagements des établissements de crédit de la sous-région, avec un message sans ambiguïté : mieux classer, mieux provisionner, mieux contrôler le risque de crédit, alors que le taux moyen de créances en souffrance atteint 15,42 % à fin juin 2026.



Le secrétariat général de la Commission bancaire de l'Afrique centrale (COBAC) a tenu sa toute première rencontre avec les responsables des finances, de la comptabilité et des engagements des établissements de crédit de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC). Une rencontre qui s'inscrit dans le cadre du dialogue permanent entre l'institution de supervision et les établissements assujettis, et qui poursuit un objectif clair : renforcer la maîtrise des risques, améliorer la qualité de l'information financière et consolider la résilience du système bancaire sous-régional.

Un contexte marqué par des anomalies récurrentes

Cette initiative intervient dans un contexte préoccupant. La COBAC constate la récurrence d'anomalies dans la classification, la comptabilisation et le provisionnement des créances par les établissements de crédit. Surtout, le niveau des créances en souffrance demeure élevé : leur taux moyen atteint 15,42 % à fin juin 2026 dans l'ensemble de la zone CEMAC, un chiffre qui impose une vigilance renforcée sur la santé des portefeuilles de crédit.

« Des vigiles » au cœur de la maîtrise du risque

Dans son allocution d'ouverture, Patricia Daniel Manon, secrétaire générale adjointe de la COBAC, a souligné le rôle déterminant que jouent ces responsables dans l'identification précoce, l'évaluation et le traitement du risque de crédit.

« Chaque établissement doit s'assurer que l'appétence au risque et les limites afférentes sont effectivement déclinées, que les dossiers sont complets et actualisés, que les signaux d'alerte déclenchent sans délai une revue, que les créances sont classées et provisionnées conformément à la disposition réglementaire, que les rapprochements entre données de gestion et données comptables sont réguliers, que les organes sociaux reçoivent des indicateurs pertinents, et que les faiblesses relevées par les fonctions clés de contrôle font l'objet d'un suivi jusqu'à leur résolution. Aucune faiblesse n'est abandonnée en chemin. La COBAC, pour sa part, poursuivra une supervision exigeante, cohérente et proportionnée au risque ; elle continuera à promouvoir la qualité du dialogue prudentiel sans renoncer à faire usage des mesures disciplinaires. »

La secrétaire générale adjointe a rappelé que la bonne tenue des portefeuilles de crédit dépend de la pleine implication de ces cadres, qu'elle a comparés à des vigiles, censés donner l'alerte à la moindre anomalie. À ses yeux, la sincérité des comptes et l'efficacité des dispositifs de contrôle interne constituent des facteurs essentiels, garants de la solidité financière du secteur bancaire sous-régional.

Deux panels pour confronter la règle à la pratique

Les travaux ont été rythmés par deux panels. Le premier, consacré aux diligences relatives à la gestion du risque de crédit et aux règles de classification, de comptabilisation et de provisionnement des créances douteuses, a été animé par Cédric Benoît MBA OBIANG, cadre de la COBAC.

Le second panel a porté sur la mise en œuvre de la réglementation en matière de gestion et de suivi du risque de crédit, ainsi que sur les difficultés rencontrées par les établissements sur le terrain. Il a été présenté par Hélène EFOUTE NYAMSI, directrice du crédit et du recouvrement à la BGFI Bank Congo, apportant ainsi le regard d'une praticienne du secteur.

En croisant la perspective du superviseur et celle des banques, cette première rencontre traduit la volonté de la COBAC d'ancrer la qualité du dialogue prudentiel dans la durée — sans renoncer, lorsque cela s'impose, aux mesures disciplinaires.(DRTV/ Verlène Djaud)
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