DRTV
ACTUALITÉ Publié 14 Oct 2026 10 vues

Cancer : Brazzaville met le paquet avec 20 hectares pour un Centre d'excellence d'oncologie mère-enfant

Le premier ministre Anatole Collinet Makosso a annoncé la mise à disposition d'un terrain de 20 hectares à l'association Pour Elles, à l'occasion du lancement des campagnes Octobre Rose et Septembre Turquoise 2026, placées sous le thème « Se faire dépister, c'est prévenir, c'est choisir la vie »

Le gouvernement accélère l'élan pris dans le combat contre le cancer. Un terrain de 20 hectares est désormais disponible pour la construction du Centre d'excellence d'oncologie mère-enfant, à la suite du plaidoyer de l'association Pour Elles. L'annonce a été faite par le premier ministre, Anatole Collinet Makosso, le 13 octobre à Brazzaville, lors du lancement des campagnes Octobre Rose et Septembre Turquoise 2026, qui se dérouleront sur 90 jours avec les partenaires des pouvoirs publics, sur l'ensemble du territoire.

Renforcer l'offre de soins
La mise à disposition de ce terrain constitue une avancée décisive pour le projet porté par l'association Pour Elles. Cette structure ambitionne d'améliorer le diagnostic et la prise en charge des patients au Congo, afin de limiter les évacuations sanitaires à l'étranger.

Sa présidente, Kenneth Bourienne, a réaffirmé son engagement en faveur de ce projet, insistant sur la nécessité de rapprocher les soins des familles. Pour elle, chaque femme doit pouvoir accéder à un diagnostic fiable et à un traitement adapté sans être contrainte de quitter le pays. Elle a également appelé à une collaboration renforcée entre le gouvernement, son association, les professionnels de santé et les différents acteurs engagés dans la lutte contre le cancer.

Le premier ministre a assuré que le gouvernement demeurait ouvert aux propositions formulées par l'association. Il a aussi annoncé que les pouvoirs publics s'attelaient à la construction d'un centre de radiothérapie au Centre hospitalier universitaire de Brazzaville. Concernant la gratuité de la prise en charge, Anatole Collinet Makosso a estimé que la question méritait un examen attentif, avec pour ambition qu'aucune femme malade ne soit abandonnée.

3 575 cas en 2024
Le ministre de la santé et de la population, Jean Rosaire Ibara, a rappelé l'ampleur du défi sanitaire. En 2024, le Congo a enregistré 3 575 cas de cancer et plus de 2 000 décès. Le cancer figure ainsi parmi les principales causes de mortalité dans le pays.

Face à cette situation, le gouvernement entend sensibiliser 400 000 personnes et dépister 20 000 personnes au cours des 30 jours annoncés pour cette phase de la campagne. La mobilisation vise également à encourager l'adhésion à la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), impliqué dans la survenue de plusieurs cancers, notamment celui du col de l'utérus.

Pour Jean Rosaire Ibara, le dépistage précoce ne doit pas être perçu comme une condamnation, mais comme une chance supplémentaire de vivre plus longtemps. Il a appelé à un engagement sans réserve de tous les acteurs pour transformer la sensibilisation en résultats concrets.

La prévention, un combat de proximité
Prenant la parole au nom de la municipalité, le maire de Brazzaville, Dieudonné Bantsimba, a plaidé pour une mobilisation qui dépasse les structures sanitaires : les quartiers, les écoles et les autres espaces de proximité doivent devenir des relais de sensibilisation. « On guérit avec l'amour et le soutien, pas uniquement avec les médicaments », a-t-il souligné, mettant en avant l'importance de la solidarité et de l'accompagnement des personnes touchées par la maladie.

Pour le maire, la prévention doit s'inscrire dans la durée. Il a ainsi appelé à multiplier les canaux de communication de proximité et à diffuser des messages accessibles à tous, afin de favoriser le dépistage et de briser les préjugés entourant le cancer.

« La santé de la femme doit compter »
La ministre de la promotion de la femme, de l'intégration de la femme au développement et du pacte social, Inès Bertille Nefer Ingani, a insisté sur la nécessité d'assurer un accompagnement complet aux femmes confrontées à la maladie. Au-delà de la sensibilisation, elle a appelé à garantir aux femmes l'accès à l'information sur les lieux et les modalités de consultation, mais aussi aux traitements après le dépistage, l'accompagnement psychologique devant être intégré au parcours de soins.

La ministre a par ailleurs encouragé le renforcement des formations et la coopération entre les hôpitaux, les services sociaux et les organisations de protection de la femme. Elle a précisé que la création du futur centre d'excellence ne devait pas se faire au détriment des structures hospitalières existantes, mais contribuer à améliorer la prise en charge globale des malades, avant d'inviter les parents à se rapprocher des professionnels de santé pour mieux s'informer et soutenir les actions de prévention.

90 jours pour briser le silence et sauver des vies
En clôturant les interventions, le premier ministre a appelé à une mobilisation collective face à la menace que représentent les cancers du sein et les cancers gynécologiques. Pour Anatole Collinet Makosso, l'urgence est d'intensifier la sensibilisation, de faciliter le dépistage et d'améliorer l'accès aux soins.

La disponibilité du terrain de 20 hectares ouvre une perspective concrète pour le futur Centre d'excellence d'oncologie mère-enfant. Mais au-delà de cette annonce, le défi reste entier : celui de la concrétisation des engagements, du financement des infrastructures et de l'accès effectif aux traitements.
SPONSORISÉ

Annoncez sur DRTV International

Touchez une audience engagée avec des formats premium (TV, Radio, Web).

Visibilité ciblée Campagnes mesurables
Votre espace pub
Intégrez ici une créa (1200×600 recommandé)
d'autres formats disponibles