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ACTUALITÉ Publié 30 Oct 2026 18 vues

Budget 2027 : le Congo vise 3 120,8 milliards FCFA de recettes et 2 638,4 milliards de dépenses, entre ambitions de développement et discipline budgétaire

Budget 2027 : le Congo vise 3 120,8 milliards FCFA de recettes et 2 638,4 milliards de dépenses, entre ambitions de développement et discipline budgétaire
Présenté devant les deux chambres du Parlement par le ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, Christian Yoka, le projet de loi de finances 2027 entend financer les priorités du développement tout en rétablissant durablement les équilibres des finances publiques d'un État encore fragilisé par la dette et les arriérés.
Le ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, Christian Yoka, a présenté devant l'Assemblée nationale et le Sénat le projet de loi de finances de l'année 2027, arrêté à 3 120,8 milliards de FCFA en recettes et 2 638,4 milliards de FCFA en dépenses.
Une double exigence : développement et discipline
Devant les députés comme les sénateurs, le ministre a rappelé que ce budget répond à une double exigence : financer les priorités de développement du pays tout en rétablissant durablement les équilibres des finances publiques. L'objectif, a-t-il expliqué, est de « concilier l'ambition légitime de transformation économique et sociale avec les impératifs de discipline budgétaire, de maîtrise de l'endettement et de préservation de la stabilité macroéconomique ».
« C'est autour de cette exigence que s'articule le présent projet de loi de finances, élaboré dans un environnement économique international caractérisé, selon les projections retenues dans le document de cadrage, par une croissance mondiale qui atteindrait 3,2 % en 2027 contre 3,1 % en 2026 », a précisé Christian Yoka.
Dette, arriérés, recettes faibles : des marges de manœuvre contraintes
Rappelant le contexte international et national dans lequel ce budget a été élaboré, le ministre a souligné que le Congo demeure confronté à plusieurs contraintes structurelles qui réduisent les marges de manœuvre budgétaires de l'État : un niveau d'endettement élevé, une mobilisation encore trop faible des ressources domestiques et une accumulation d'arriérés de paiements à contenir.
« Or, la croissance économique ne peut produire tous ses effets sur le bien-être de la population que si elle s'accompagne d'une gestion rigoureuse des ressources publiques, d'une meilleure mobilisation des ressources intérieures et d'une allocation plus efficiente des dépenses », a-t-il averti, annonçant que le gouvernement entend poursuivre les efforts de consolidation budgétaire « en privilégiant le réalisme des prévisions, la sincérité des inscriptions budgétaires et la maîtrise des engagements financiers de l'État ».
Côté dépenses, les ressources publiques seront orientées vers les investissements structurants, la diversification de l'économie, le développement des infrastructures, la promotion de l'emploi et l'amélioration de l'accès aux services sociaux essentiels. L'éducation, la santé, la protection sociale, l'eau potable et l'électricité demeurent au cœur des préoccupations de l'action publique, aux côtés du renforcement de la gouvernance, de la consolidation de l'État de droit ainsi que de la préservation de la paix et de la sécurité.
Des prévisions réalistes pour éviter les tensions de trésorerie
S'agissant des perspectives, Christian Yoka a rappelé que « la crédibilité d'un budget repose avant tout sur la qualité de ses hypothèses et sur la cohérence entre les ressources annoncées et les dépenses programmées ». En matière de mobilisation des recettes, le gouvernement poursuivra les réformes destinées à élargir l'assiette fiscale, à rationaliser les dépenses fiscales, à renforcer la digitalisation des administrations fiscales et douanières et à améliorer le recouvrement des recettes non fiscales.
Le ministre a mis en garde contre le danger des recettes surestimées, susceptibles de conduire à des tensions de trésorerie, à l'accumulation de nouveaux arriérés et, en définitive, à un accroissement de l'endettement. Une attention particulière sera ainsi portée à la mobilisation des recettes issues du domaine de l'État, des services publics et du portefeuille public.
Concernant les dépenses, la démarche retenue privilégie « la prudence, la rationalisation et une meilleure maîtrise des charges récurrentes ». « La masse salariale, les transferts et subventions, ainsi que les dépenses de fonctionnement, feront l'objet d'une vigilance renforcée. Il s'agit de contenir la progression des dépenses courantes afin de préserver les capacités de financement des investissements prioritaires », a-t-il indiqué.
Un budget de conciliation
En conclusion, Christian Yoka a souligné que le projet de loi de finances initial pour 2027 « fait la conciliation entre les ambitions de développement du pays et les exigences de redressement durable de ses finances publiques ». Il vise à soutenir la transformation économique, à améliorer l'accès aux services sociaux essentiels, à renforcer les infrastructures structurantes et à poursuivre la modernisation de l'administration publique. Il traduit, selon le ministre, la volonté du gouvernement de consolider la position budgétaire de l'État, de maîtriser les dépenses, d'améliorer la mobilisation des recettes et de réduire progressivement les risques liés à l'endettement.
Le texte sera désormais examiné par les commissions compétentes des deux chambres avant son adoption en séance plénière.
(DRTV)
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